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LAboratoire de Psychologie
Sociale et COgnitive

UMR 6024 UCA-CNRS
L'étude de la cognition depuis ses bases cérébrales jusqu'à sa régulation sous l'influence de l'environnement social

DERNIÈRES PUBLICATIONS
Enea-Drapeau, C., Carlier, M., Huguet, P. (2017-in press). Implicit theories about the intelligence of individuals with Down syndrome. PloS ONE.
Huguet, P., Carlier, M., Dolan, C.V., de Geus, E.J., Boomsma, D. (2017-in press). Social comparison orientation in monozygotic and dizygotic twins. Twin Research and Human Genetics.
Mazerolle, M., Régner, I. , Barber, S. J., Paccalin, M., Miazola, A-C., Huguet, P., & Rigalleau, F. (2017). Negative aging stereotypes impair performance on brief cognitive tests used to screen for predementia. The Journals of Gerontology Series B : Psychological Sciences and Social Sciences, 72(6):932-936, DOI : 10.1093/geronb/gbw083.

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Le grand âge - Les stéréotypes du vieillissement

publié le

 
Jeudi 12 octobre 2017. Conférence-projection sur "Le grand âge - Les stéréotypes du vieillissement cognitif". A 18h30 au Cinéma Le Rio, avec la participation de Pascal Huguet (LAPSCO, Université Clermont-Auvergne).

 
Dans le cadre des "Dernières nouvelles de demain", Pascal Huguet, docteur en psychologie sociale, directeur de recherche au CNRS et directeur du Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive (CNRS UMR 6024), présentera en conférence/projection "Le grand âge, les stéréotypes du vieillissement cognitif" au Cinéma Le Rio.

 

Cette conférence-projection se déroulera le :

- Jeudi 12 octobre 2017
- à 18h30
- au Cinéma Le Rio (Clermont-Ferrand)
- entrée : 5,50 €

Résumé

Les sociétés occidentales contemporaines ont développé des préjugés à l’encontre des personnes âgées. La stigmatisation liée à l’âge — l’âgisme — peut conduire les personnes âgées elles-mêmes à surestimer les effets de l’âge sur leurs capacités cognitives. Particulièrement concernées par le vieillissement, ces sociétés ne devraient–elles pas agir sur ces (auto)-représentations de façon à ce que la valeur morale, sociale, économique et culturelle des populations vieillissantes puisse profi ter à toutes les générations ? Changer le regard que la société adresse aux personnes âgées et celui que les personnes âgées portent sur elles-mêmes, un défi éthique et humaniste ?

Nos sociétés perpétuent certains stéréotypes ultra simplificateurs à l’égard des capacités de certaines catégories sociales, par exemple les femmes considérées a priori inférieures aux hommes en mathématiques et en sciences en général, ou les personnes âgées supposées nécessairement inférieures aux personnes plus jeunes en matière de capacités mnésiques ou attentionnelles, du fait d’un déclin cognitif lui-même jugé inéluctable avec l’âge. De nombreux travaux issus de la psychologie sociale expérimentale et des neurosciences révèlent aujourd’hui l’influence considérable de telles croyances sur les comportements et performances cognitives des personnes ainsi stigmatisées (les femmes, les personnes âgées, etc). Plutôt que de simplement traduire l’état des croyances partagées à un moment donné, dans une société donnée, les stéréotypes en question « fabriquent » pour partie certaines différences observées entre les deux sexes ou entre les personnes jeunes et âgées. Des résultats récents montrent notamment l’incidence des stéréotypes du vieillissement lors des tests neuropsychologiques utilisés pour le dépistage de la maladie d’Alzheimer, avec pour effet la création de « faux positifs » dans les étapes précoces du diagnostic de cette maladie. Sans nier la réalité d’un vieillissement qui en effet peut s’avérer pathologique (Alzheimer et autres maladies neurodégénératives), ces résultats rappellent l’importance des stéréotypes et de leur charge émotionnelle dans la détermination même des performances cognitives, d’où l’intérêt de ne pas sombrer dans une « biotropie » excessive. Bonne nouvelle : non seulement la dégradation des fonctions cognitives au cours du vieillissement n’est-elle pas inéluctable, mais elle peut aussi simplement traduire l’influence de certaines croyances que le XXIème siècle serait bien inspiré de chercher à éradiquer.

 
Directeur du Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive (LAPSCO UMR 6024) associé au CNRS et à l’Université Clermont-Auvergne, Pascal Huguet dirige des recherches sur le vieillissement et la régulation sociale des fonctionnements cognitifs (mémoire autobiographique, processus de comparaison sociale, stéréotypes sociaux…). Nominé par l’ » American Psychological Association » pour « contributions remarquables aux sciences psychologiques », il est l’auteur d’une centaine de publications et il intervient dans de nombreux congrès internationaux, revues scientifiques, rapports ou expertises à la demande de la Commission européenne ou de grandes universités américaines.